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Ma petite vie de heu.... bin de moi.

La dictation c'est ma passion. (unjourPE, dictateuse du monde)

19 mai 2013

Chroniques d'une dépression chronique 8

" Ah mais, ça va pas être possible ça !

- M'en fous, veux aller en clinique.

- Non mais il faut bien comprendre que ce n'est pas vous qui décidez. Vous comprenez bien que vous n'êtes pas apte à savoir ce qui est bon pour vous dans votre état.

-....... (Vraiment ? Tu te fous de ma gueule ou quoi ? Qu'est ce que t'en sais toi de mon état, abruti ? Ce que je t'en dis et pas autre chose. Arrête de te prendre pour un grand psychiatre qui lirait en ses patients comme une pythie dans sa fumée alors que c'est la première fois que tu me vois et que ça fait genre 3 minutes qu'on parle ensemble. Pour toi, je suis un numéro de dossier avec des indications : tentative de suicide par ingestion de médicaments, tentative de suicide par étranglement = appel au secours. Le pourquoi du comment, tu t'en bats le bloc d'ordonnances, alors arrête de me faire chier avec tes élucubrations à la con et dis moi que oui je peux aller en clinique)

- Vous comprenez ce que je vous dis ?

- .......... (non je suis débile profonde, andouille !) Oui mais je veux aller en clinique.

- ........... Vous ne comprenez pas. Ce n'est pas vous qui décidez.

- .......... ( Ah oui ? Je comprends pas ? T'es vraiment sur de ça mon gars ? C'est pas parce que je suis complètement shootée aux médocs que je ne comprends rien. Tu n'as pas envie de prendre la responsabilité de me faire hospitaliser en clinique parce que ça coûte cher. Mais là, telle que tu me vois, avachie sur la chaise face à toi, les yeux explosés, en train de bousiller le pack entier de kleenex mis à disposition, la tête qui tombe par moment, je m'en fous de ce que toi tu ne veux pas, d'ailleurs je me fous du prix que ça coûte. Là, à l'instant précis où on se parle, je sais que si je rentre chez moi, je vivrai pas plus d'une heure. Je me soucie étrangement de ce qu'il me reste de volonté de vivre. Alors t'es gentil. Tu signes ce putain de papier). Je sais. Mais je veux aller en clinique."

 

"Ouais allo, XX ? non mais là je suis sur la route.................. ouais j'emmène une bonne femme. Ouais.... à l'hôpital psy. Ouais je sais ouais.... Nan mais non. Si, non mais attends tu te aouviens pas la dernière fois avec Bidule comment on s'était trop marré ? Bin oui. Attends, faut que je te raconte un truc...................."

Pendant qu'il palabre en m'ignorant totalement je regarde le paysage défiler. Je lui aurais bien dit que la bonne femme avait un prénom et que la bonne femme était un être humain mais à quoi bon. Il doit voir tellement de choses que les patients, il les met à distance. Même quand ils sont assis à côté de lui. Après tout, ce n'est qu'une folle qu'il emmène à l'hôpital psy. Et puis j'ai pas la force, pas le courage et puis je m'en fous en fait.

Il me plante là, sur le parking de l'hôpital psy pour aller chercher les infirmiers. Je pourrais bien me tirer si je voulais mais je veux pas. Je m'allume une clope. C'est la dernière, ça craint. Faut que je pense à penser. Penser à demander à Chéri. De me ramener. Faut que je pense à penser à demander à Chéri de me ramener... de me ramener......... putain mais c'est quoi déjà  ? ................................................................... Clopes ! Des clopes. C'est ça. Chéri, clopes.

Je rentre dans le truc. Ils prennent mon sac et le foutent dans un placard. Je suis en pyjama d'hôpital mais ça n'a l'air de gêner personne. Ils m'expliquent des trucs, j'entends pas. Je m'en tamponne. Je veux dormir. Ils parlent de Chéri qui va amener mes affaires : clopes ! Pas avant demain. Merde.  Ils m'emmênent dans ma chambre et m'en font resortir aussi sec parce que les chambres sont fermées en journée. Pas le droit. Faut rester dans les espaces communs. Et dans l'espace commun, je reste debout,statue vacillante, à regarder ce qui se passe.

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09 mai 2013

Chroniques d'une dépression chronique 7

mmmmmmmmmm ? Gna ? nan, veux pas me lever. Peux pas. M'en fous. Ca fait une semaine que je fais la chrysalide enroulée dans ma couette bourrée de lexo pour pas penser, pour pas pleurer, pour pas faire un truc con.

 C'est bête paske ce soir, Chéri est sorti avec Grand Gluon, MaSoeur et papa en me laissant les deux micro nains gémellisés. Sont couchés. Moi aussi, mais dans le canap. Enroulée dans la couette. Lundi je reprends. Veux pas. Veux pas veux pas veux pas veux pas. Pas penser. Arrête de penser. Arrêteuuuuuuuuuuuuh ! Arrête de revoir leurs tronches souriantes et faux-culs. Ça sert à rien. Tu te fais du mal. Tiens, justement, en parlant de se faire du mal....

Ca coupe drôlement bien un couteau à bout rond qu'on donne aux enfants pour pas qu'ils se coupent. Si. Mon bras peut en témoigner. Il a plein de jolis témoignages de coupage. Au moins je sais où j'ai mal. Veux plus avoir mal dedans. Veux plus penser. Veux dormir. Dormir. Dormir. 1 lexo. Dormir merde ! 2 lexos. Veux dormirrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr ! 10 lexos. Putain, arrête de penser saloperie de cerveau ! La boîte de Lexo. Dormir. A pense plus. Presque zen.

Tiens Chéri, MaSoeur, Grand Gluon et papa. Papa. "Papa, j'ai fait une connerie, je crois. Mais ça va." 

"T'inquiète pas mon petit coeur, c'est rien, papa et papy vont emmener maman à l'hôpital parce qu'elle est malade, mais ça va aller mieux bientôt. T'en fais pas mon trésor. Je t'aime mon chaton. Tata MaSoeur va rester là hein".

 

"T'endors pas unjourPE, t'endors pas mon lapin, on est presque arrivé".

" C'est pas grave, Chéri, ça va bien".

 

"Madame, qu'est ce que vous avez pris ?

- Du lexo, non mais ça va. C'est pas grave. Je veux juste dormir.

- Combien ? Combien vous en avez pris ?

- Sais pas. 10, 15, 20. Sais pas. M'en fous." Dormir.

 

Suis réveillée. Mal réveillée mais réveillé quand même. J'ai encore très mal dedans. Veux plus avoir mal dedans. Veux dormir. Pourquoi mes yeux pleurent ? Juste dormir, jusqu'à ce que ça ne fasse plus mal dedans. Cette taie d'oreiller là, elle devrait faire l'affaire. Si je l'attache aux barreaux du lit d'hôpital. De toute façon, j'ai pas mal, ni à mon bras bandé, ni à mon cou serré dans la taie. J'ai mal dedans. Ça dégueule de bobos là dedans. Ça fait du bobo jaillissant dans le cerveau et qui suinte par tous les pores de la peau.

 

 

Laissez cette putain de taie d'oreiller où elle est. Elle est bien là. Je veux dormir. J'ai mal dedans pas dehors. Laissez la. S'il vous plaît, laissez la. S'il vous plaît.

 

 

"Il faut manger Madame.

- Peux pas, vous m'avez attaché les mains au lit.

- Évidemment, vous assez essayez de vous étrangler.

- Pas du tout, je voulais juste dormir.

- Il faut manger maintenant.

- Pas faim. ( à la limite, je peux bouffer la sangle qui tient ma main. Ah bin non. Fil d'un millimètre par fil d'un millimètre ça risque d'être long de bouffer un truc qui fait le tour de mon poignet)"

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06 mai 2013

recette du " comment avoir une crise cardiaque sans être malade du coeur"

Cher rare lecteur de mon blog,

aujourd'hui je te propose une recette printanière, de bon aloi, qui fera la joie de ta famille si tu la mets en oeuvre lors du prochain anniversaire de mariage de Tonton Maurice et Tata Geneviève, quand tu seras obligé de bouffer comme 15 parce qu'"enfin, tu manges rien, regarde on te voit à travers" comme te l'a dit Mèmère Madeleine la dernière fois que t'es allée la voir à la maison de retraite, au milieu de grumeaux hurlants et de tous tes tontons et tatas, cousins, cousines, papys et mamies (et Mèmère Madeleine)  et tous tes cousins jusqu'au 12e degré dans la salle à manger de Tonton Maurice.

Donc au moment où Tonton Hubert te racontera pour la Nième fois la fois où tu as dis quelque chose de tellement cocasse quand tu avais 2 ans et demi, si tu arrives à te glisser subrepticement entre Cousine Nathalie et Cousin Matthieu, puis à ramper jusqu'à l'étage en emportant quelques gnomes, tu devrais pouvoir réussir.

Mais trêve de banalités et passons immédiatement à la recette.

Ingrédients :

Pour réaliser cette sympathique recette, tu vas avoir besoin d'ingrédients un peu difficiles à trouver mais je peux te les louer si tu veux (les ingrédient suivis de * sont en location par mes soins pour une somme très modique) :

- de Gnome Bourrin*

- de Gluonne* 

- de Petit Gluon*

- d'une chambre

- d'une véranda*

- d'une gouttière

- de lierre grimpant*

- d'une maison qui a des plafonds à 3 mètres*

 

Recette :

Tu vas voir c'est très simple.

- Envoie les gnomes jouer dans la chambre. Je rappelle que tu as donc Petit Gluon, Gluonne et Gnome Bourrin. Tu peux rajouter un autre enfant si tu veux mais c'est pas obligatoire.

- Laisser mijoter quelques instants dans la chambre.

- Au premier bruit bizarre, monter dans la chambre.

- Demander où est passé Gnome-Bourrin

- T'entendre répondre par une Gluonne : " je sais pas"

- Entendre les mots Petit-Gluonnesques :" réussi, papier, toit, chuttttttttttttttt"

- Redescendre en trombe

- Attraper Gnome-Bourrin qui était en train de remonter dans la chambre d'un pas primesautier

- Lui demander où il était

- T'entendre répondre que "heu... bin....j'étais dehors"

- Faire un début de crise cardiaque

- Lui dire que tu l'as pas vu descendre

- T'entendre répondre que "heu bin ... si en fait, c'est parce que j'étais descendu et que t'étais pas là"

- Continuer ton début de crise cardiaque

- Attraper une feuille de lierre (qui pousse sur le mur extérieur de la chambre de Gluonne) coincée dans les cheveux de Gnome Bourrin

- Commencer à être au bord du malaise

- Hurler comme un putois ( pour faire passer le malaise) que : "putain ! tu te foutrais pas un peu de moi là ? T'es pas passé par la fenêtre par hasard ?"

- T'entendre répondre que : mais non.

- Descendre d'un pas tremblotant mais toujours en hurlant le Gnome à son père et lui expliquer vaguement la situation.

- Attendre que le Gnome cède à son père et explique que : "oui mais c'est pask'y avait un papier sur le toit de la véranda (dont le toit est contigü à la fenêtre de la chambre), alors je suis passé par la fenêtre (située à 3m50 du sol environ) et pi je suis redescendu par la gouttière"

- Hurler encore comme un putois en finissant de te décomposer.

 

Voilà. C'est sympa comme recette non ? En option, tu peux hurler sur Gluonne qui t'a menti éhontément et qui n'a pas pensé une seule seconde à te prévenir que son cousin était en train de faire une méga connerie. Toujours en option, tu peux aussi te fendre d'un cours à Petit Gluon sur le comment c'est déjà super trop dangereux de se pencher par la fenêtre, alors tu penses bien que passer par la fenêtre, c'est pas bien, pas bien, pas bien. C'est mal. C'est interdit. On n'a pas le droit sinon le Père Noël y viendra plus t'apporter de cadeaux, jamais, jamais. Alors tu feras pas ça hein mon poussin d'amour. En option aussi, tu peux aller demander à Gnome Bourrin ce qui lui est passé par la tête mais là c'est une fois que ton coeur s'est remis à battre de façon presque normal.

A toi la joie d'avoir un arrêt cardiaque à peu de frais (Je t'assure, je te loue tout le matos pour vraiment pas grand chose)

 

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05 mai 2013

Petit Gluon contre attaque

Cher rare lecteur de mon blog, heureux non parent d'un enfant TED,

Alors que suite à une insolation, je gisai sur mon fauteuil comme un vieil étron bovin dans une verte prairie, portée par un dynanisme que n'aurait pas renié un paresseux sous bromazepam, une volonté semblable à celle d'une chrysalide sous neuroleptique, et une joie de vivre que seule eut pu égaler celle du suicidaire qui voit le métro lui arriver sur le coin de la gueule, je vis descendre un enchevêtrement de bras, de cheveux longs et gras, d'appareil dentaire et d'acné, mon ado donc, qui est à l'élégance et au raffinement ce que Jérôme Cahuzac est à l'honnêteté fiscale, beuglant de toutes ses forces que :

- MAMANNNNNNNNNNN , ESTQUEMAOHYHEUMIR ?

question à laquelle je répondis fort laconiquement par un : gné ? quoi ? 

- FEUR. MOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA.

- Quoi ?

- FEUR. MOUAHAHAHAHAHAHAHA.

- Non mais kesta dit avant ?

- EST CE QUE MATEO Y PEUT DORMIR ?

- voui mais arrête d'hurler s'il te plait, chéri.

- OK. RCIMAN.

- De rien chéri, va hurler plus loin s'te plait. Et lave toi les cheveux.

broumbroumbroum. 

- MAAAAAAAAMANNNNNNNN ?

- Oui mon Petit Gluon ? Kynia ?

- Kicèkivavenir ? hein ? kicékivavenir ? Kicé ? dit ? dit ? Kicé ?

- Gné ? C'est Matéo.

- Roooooooooooooo ouaiiiiIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIISSSSSSSSSSSS !

- non mais si tu pouvais aller hurler ailleurs aussi .....

 

20 minutes plus tard, alors qu'en proie à une légère céphalée nauséeuse, je végétai toujours dans le fauteuil, je vis entrer 1m80 d'ado à bras long, cheveux gras, appareil dentaire et duvet noir sounarinal qui m'nevoya un vague :"'b'jour" avant de tenter de finir de réduire mon cerveau en bouillie en montant les escaliers quatre à quatre.

S'ensuivit un brouhaha épouvantable de voix muantes tonitruant sur la dernière de Cyprien (je sais pas pourquoi les ados adorent Cyprien, c'est un vrai mystère), le nouveau score de Matéo à "Call of doom the duty of killing zombies in the darkness of the witchwood" et de cris hystériques de Petit Gluon prouvant son affection à Matéo à grand coups de : ta gueule pédé, connard d'enfoiré de merde, putain de ta mère et autres joyeusetés. Non vraiment, Petit Gluon adore Matéo. Et moi, des fois j'aimerais bien que mon Petit Gluon il montre pas son affection de manière aussi bruyante et malpolie. Surtout quand je gis dans le fauteuil.

 

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01 mai 2013

Chroniques d'une dépression chronique 6

J'arrive en haut des escaliers en soufflant comme un taureau dans une arène. D'ailleurs, ça ressemble un peu à ça dans mon esprit : combat et mise à mort. L'inspectrice me fait entrer dans son bureau et m'invite à m'asseoir. Pas à son bureau. Devant une petite table posée dans un coin. Elle me demande si je veux un café ou un thé. Elle est gentille finalement l'inspectrice. Elle me demande comment ça se passe en classe. Je fonds en larmes. Elle me regarde sans rien dire et attend que je me calme un peu. Puis elle m'explique : la lettre anonyme, les accusations :  mise en danger des enfants lors de l'attente du car,  ne pas connaître les programmes, punir toujours les mêmes enfants, Guillaume, Farid qui tape tout le monde..... J'en reste comme deux ronds de flan. J'ai plus de larmes. Juste une douleur dans le ventre et la gorge, le coeur qui bat la chamade et fait tambour dans ma tête.

Alors j'explique que non, c'est pas tout à fait ça. J'explique Guillaume, j'explique Farid, j'explique Adam, j'explique la réunion parents/enseignant, j'explique le chauffeur de car. Elle comprend parfaitement. Me dit que les lettres anonymes accusant des PE, elle en reçoit plusieurs par mois, que les accusation formulées sont généralement grotesques mais qu'elles dénotent une certaine mésentente entre l'enseignant incriminé et les parents et qu'il est de son devoir de protéger l'enseignant en l'aidant au mieux.

Je dois ressembler à une poule qui vient de pondre un oeuf pour la première fois de sa vie. Non, je n'ai jamais imaginé que des parents pouvaient envoyer des lettres anonymes à l'inspection. Non je n'ai jamais imaginé que les gens qui avaient un problème avec l'enseignant puissent faire autrement que d'aller lui parler. Non je n'ai rien vu venir parce que le midi et le soir j'ai le droit à de grands sourires de mamans à la sortie de l'école. Je n'ai plus de larmes et je n'ai plus de mots non plus. Tout est brouillé dans ma tête, j'aurais vraiment du manger quelque chose aujourd'hui.

Elle me dit qu'à voir mon visage ( grisâtre, avec des cernes qui descendent jusqu'aux joues et les yeux explosés), je suis trop fatiguée pour continuer comme ça, que je vais mettre les enfants et moi-même en danger pour le coup. Je lui dis que je vais demander un arrêt maladie à mon médecin pour me reposer un peu. Elle me demande si je veux retourner dans cette école à la fin de mon arrêt, mais je ne m'en sens pas  capable. Elle me demande comme un service de tenir juste encore une journée, le temps de trouver un remplaçant. Je lui réponds que je suis d'accord. Elle me demande si je suis sure que je pourrai tenir une journée supplémentaire. Oui je pourrai. Une seule journée. Une seule. Pas une de plus.

Je rentre chez moi et je vais me coucher. Tant pis pour la prochaine journée. Je ferai de l'impro, ça ne pourra pas être pire de toute façon. Plus que demain et c'est fini. 

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30 avril 2013

Non, les AVS ne sont pas jetables

Cher rare lecteur de mon blog,

Tu le sais, je le sais, nous le savons, les AVS, ces personnes qui se dévouent en classe auprès des enfants handicapés sont titulaires de contrats précaires, payées au lance-pierre et fort poliment remerciées par la Education Nationale au bout de maximum 6 ans. Parce qu'au bout de 6 ans, ce n'est plus possible. Tout simplement. Parce que l'administration a décidé qu' AVS ce n'était pas un vrai emploi, que ce n'était pérenne, que ça ne servait qu'à faire baisser les statistiques du chômage.

Et bien non, les AVS ne sont pas jetables, ne doivent pas l'être ! A ce titre, je voudrais remercier chaleureusement Mandarine qui s'est fadé Petit Gluon toute l'année dernière, et Cerise, actuelle AVSCo de la Clis où sévit mon Gluon, pour leur gentillesse et leur professionalisme (malgrè le fait que la formation soit totalement inexistante), et publier ce message qui circule actuellement sur le internet mondial du monde. (sur facebook)

"Oh cornepitrouflette !!!

Je viens de tomber sur une offre d'emploi sur l'anpe.

On offre MON emploi.

On me remplace par une Evs, seulement 20h et très certainement payée moins que moi (et pourtant ce n'est pas facile à faire).

Et oui, pourquoi me garder ?

Je ne correspond plus à l'annonce :

- on demande un BAC : j'ai une licence

- on donne 20h par semaine : j'en fait 24 en classe plus toute la préparation à côté et les réunions (et j'en passe du temps à la préparation !)

 

Franchement ! pourquoi garder quelqu'un de TRÈS motivée et qui sait de quoi elle parle. Non mais, quelle idée aussi !

J'en devait aigre.

 

Vous pouvez hurler mon nom, mon âge, mon adresse à qui vous le voulez.

Sortez moi de cette anonymat qui nous rend si mouton.

 

Je ne suis pas UNE AVS

Je suis Christel

mariée

2 enfants

ancienne contractuelle en collège- Musique

avec une Licence de l'université de Rennes II

J'ai mon fin d'étude du conservatoire de Caen en guitare classique

Je m'occupe d'enfants handicapés car je suis faite pour ça

je connais l'autisme, le braille, les techniques de portages pour personnes en fauteuil, j'ai travaillé en CLIS...

J'ai un passé, un présent

 mais pas d'Avenir"

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27 avril 2013

api beurzdè tou you

Chère Masoeur,

en ce jour de ton anniversaire de toi qu'il est le tien, je te souhaite un joyeux anniversaire. Le rare lecteur de mon blog est prié de faire de même (sinon je le fais dépecer avec une cuillère à thé).

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26 avril 2013

Aiheuu ! Mes zoreilles !

Cher  rare lecteur de mon blog,

Permets-moi de te dire que je suis, à l'heure où je t'écris, au supplice. Non mais attends je t'explique. Tu sais certainement que les grumeaux doivent aprendre la Marseillaise à l'école en cycle 3. Initiative heureuse s'il en est, car comment veux-tu beugler à la coupe du monde foot après, si tu connais pas la Marseillaise ? Hein ?

Or, il se trouve donc que Gluonne l'apprend pour le 8 Mai. Et la chante sans arrêt.  Et que comme son jumeau de frère a cette fâcheuse tendance à faire tout ce que sa soeur fait, dans la mesure de ses capacités bien entendu, il la chante aussi.

Ca fait donc bien 10 minutes qu'il beugle la Marseillaise en tournant autout du fauteuil. Je souffre.

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23 avril 2013

Chroniques d'une dépression chronique 5

Six mois sous antidépresseur, régulateur d'humeur et anxiolytique..... Je peux confirmer que ça fonctionne à merveille. Mon humeur est parfaitement stable. Au fond de son gouffre. Je pleure le soir, je pleure le matin, je pleure le midi, je pleure la nuit. Parfaitement stable, donc.

Un mois à l'école..... Je peux également confirmer que je n'ai aucune confiance en moi, que ça se voit et, partant, que je n'ai aucune légitimité face à mes élèves et leurs parents. J'y vais gonflée à bloc après 5 cafés et 15 clopes : là c'est terminé, je vais leur montrer qui commande ! 

Après 3  DAVID ! Sors de sous la table, descend de ce bureau, va au coin pour te calmer, non Farid, ne tape pas sur Chloé ! Donnez-moi vos cahiers, vous avez une punition - suivis d'un : "m'en fous j'la f'rai pas", la baudruche se dégonfle complètement. L'estrade me refait son coup du micro climat, passant du froid polaire aux chaleurs tropicales en moins de termps qu'il n'en faut pour le dire.

Le téléphone sonne. Ca tombe bien, tiens. Ca me donnera une contenance. Mon moral chute encore un peu, si tant est que ce soit possible, quand une voix m'annonce que l'inspectrice de circonscription passera me voir cet après-midi. Joie. Je balbutie vaguement que "ah oui, très bien, merci, au revoir", le téléphone glisse de mes mains qui me font le coup de produire une quantité impressionnante de sueur, là tout de suite maintenant. Je crois qu'on va sortir faire du sport, au moins, si je tombe dans les pommes, je me fracasserai pas sur une table. Evidemment, il faudrait que je me nourrisse d'autre chose que de café mais en ce moment, j'ai pas faim.

C'est dommage, il est midi, il faut que je rentre. Les mains qui glissent, c'est pas idéal pour conduire. Mon palpitant croit que je suis en train de courir un marathon et se met à marteler à 110 coups par minutes comme un damné. 

J'ai pas mangé, j'ai pas faim. J'arrive à 13h 30 comme d'hab' et Adam arrive à 13h40 comme d'hab' aussi. Faudra que je dise combien de fois à ses parents que je ne peux pas le prendre avant 13h50 ? Bon je vais pas laisser un gnome de 6 ans dans la rue, alors je le fais rentrer. Limite je lui fais peur : t'as l'air malade maîtresse ! 

Effectivement si je me regarde dans le miroir, il y a de quoi faire peur à un gnome de 6 ans : ce ne sont plus des cernes sous mes yeux, ce sont des malles. Ca vire au noir voilacé. J'ai la peau toute blanche, encore plus que d'habitude. On dirait un zombie en état de décomposition plus ou moins avancé. Sauf que les zombies, ça transpire pas comme des gorets et ça n'a pas le coeur qui fait des embardées dignes de Sébastien Loeb dans ses meilleurs moments.

 

Finalement, l'inspectrice était plutôt sympa. Elle est venue, elle a vu et elle m'a demandé de passer à l'inspection ce soir. Faut que je prévienne Chéri pour qu'il aille chercher les grumeaux. C'est un peu à 20 km, l'inspection. Et 20 km, avec une boule dans le ventre, les mains qui glissent, le coeur qui saute par moment, sans avoir mangé de la journée et en prenant des anxiolytiques.... Hoooooo le joli fossé. Ah non, c'est bon, je l'ai évité. Aaaaaaaaaaah, un autre fossé. Hop évité aussi. Quelle classe quand même. J'ai bien une furieuse envie de me foutre dedans, le fossé, mais confusément, je sens que ce n'est pas une bonne idée.

Ayè, je suis arrivée.

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20 avril 2013

Recette du "comment traumatiser ton ado mâle"

Cher rare lecteur de mon blog,

Aujourd'hui, je te proprose une recette quelque peu bruyante mais Ô combien utile si tu veux traumatiser ton Ado mâle pour quelques jours, ce qui te permettra, le cas échéant de le manacer de recommencer s'il ne fait pas ses devoirs et plus que ça, bordel !

 

Ingrédients : 

Alors pour cette recette, tu as besoin de : 

- ta gluonne de moins de 10 ans

- plusieurs copines de Gluonne

et c'est tout. Avoue que ça coûte pas cher en ingrédient comme recette. En plus si t'as une gluonne, ce sont des ingrédient facile à trouver. Si t'as pas de gluonne, t'as peut  être une nièce, une petite cousine ou bien une petite voisine que tu pourrais emprunter à ses parents qui seront absolument ravis de partager leur progéniture avec toi, notamment s'ils ont plus de 1 gluon.

En option tu peux rajouter un Petit Gluon.

 

Recette : 

- Attendre que ta gluonne entende parler de soirée pyjama. (Je sais pas du tout où elle a été chercher un truc pareil cete gamine)

- Attendre que ta gluonne te demande si elle peut faire une soirée pyjama

- Dire bêtement : oui

- le jour dit, faire entrer les petites copines dans la maison.

- mélanger, laisser jouer

 - si tu as un Petit Gluon, laisse-le se mêler au bazar et savoure.

- le lendemain matin, attendre que les gluonnes se réveillent (vers 7h30) et les laisser foutre un bordel monstre dans la chambre contigue à celle de ton Ado.

 

 

Et voilà, tu as un Ado traumatisé par des cris hystériques, des gloussements intempestifs et des hurlements stridents et qui n'approchera plus une fille pendant au moins 3 mois. ET tu auras une super menace s'il fait pas ses devoirs.

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Fin »